Si vous achetez ce livre en pensant obtenir le numéro de téléphone à contacter et le compte paypal à alimenter pour que Le Havre gagne la prochaine Champions League, c'est raté. L'ouvrage n'aborde presque pas les cas de corruption d'une équipe envers une autre (par exemple Jacques Glassman n'est pas cité). Le livre se concentre sur des truqueurs/parieurs, essentiellement Asisatiques, qui entrent en contact avec des joueurs, dirigeants ou arbitres afin de s'assurer du score d'un match, et donc d'empocher de grosses mises sur des paris peu risqués.

Seraient ainsi suspectés d'avoir été truqués les quelques matchs suivants de la coupe du monde 2006 :

  • Italie-Ghana : 2-0 (match de poule du groupe E)
  • Angleterre-Equateur : 1-0 (8ème de finale)
  • Brésil-Ghana : 3-0 (8ème de finale)

L'auteur se garde bien de garantir son information, mais il affirme que les résultats de ces matchs lui avaient été communiqués par des truqueurs avant le déroulement des rencontres. Vous aurez remarqué, les tricheurs ont la bonne idée de truquer des matchs dans le sens du favori, en soudoyant l'équipe la plus faible pour s'assurer qu'elle ne réalise pas d'exploit. Certes, la cote est moins importante, mais cette technique permettrait de ne pas éveiller de soupçons. Du coup, le pari porte souvent davantage sur l'écart de buts que sur le simple nom du vainqueur.



On découvre que les championnat de plusieurs pays asiatiques (Singapour, Malaysie, ...) sont totalement bouffés par les truqueurs, au point que le public s'en est progressivement détaché. Declan Hill a livré quelques statistiques amusantes sur les matchs truqués qu'il a pu analyser :

- dans un match truqué via l'arbitre, on observe 2 fois plus de pénalties que dans un match non truqué.
- dans un match truqué via les joueurs, il y a le même nombre de pénalties que dans un match non truqué.
- par contre, dans un match truqué via les joueurs, on compte 2 fois plus de buts contre-son-camp que dans un match propre.
- les joueurs payés pour perdre reçoivent moins de cartons rouges que les joueurs non truqueurs. Ils tiennent à truquer jusqu'au bout.
- les matchs truqués donnent 20% de buts en plus que les matchs non truqués.
- les buts des matchs truqués sont plutôt marqués en début de match.
- il est rarissime qu'une équipe complète soit corrompue : souvent un joueur par ligne suffit.
- lorsqu'un truqueur paye l'arbitre, et que l'arbitre accepte d'orienter le score du match, il y parvient dans 79% des cas.
- lorsqu'un truqueur contacte certains joueurs d'une équipe, et que ces derniers acceptent de perdre un match, ils y arrivent dans 83% des cas. Ce chiffre manque cruellement de précision, puisqu'il ne tient pas compte du nombre de joueurs corrompus.


La prochaine fois, pour 20.000$ en liquide, j'accepterais de changer l'ordre du sondage d' Une équipe, 5 stats.

Thibault : merci beaucoup pour ce livre, je me suis bien amusé en le lisant !!